Le tollé provoqué par le nom du nouveau modèle d’Alfa Romeo, qui était à l’époque Milano, a contraint la marque à changer de nom à la dernière minute, en raison des plaintes du gouvernement italien, qui a qualifié la proposition d’illégale.
Adolfo Urso, ministre italien de l’industrie, a pris les devants, soutenu par plusieurs autres hommes politiques italiens. Il a fait valoir que la loi stipule que les noms géographiques du pays ne peuvent être utilisés que pour des produits fabriqués sur le territoire italien.
Il se trouve que l’Alfa Romeo Milano, devenue Alfa Romeo Junior, sera construite dans l’usine de Stellantis en Pologne. Si l’on s’en tient au papier, il semble donc qu’il ne soit pas possible d’utiliser cette appellation.
Ce que dit Stellantis à propos de toute cette agitation
La critique et le changement de dernière minute n’ont pas été du goût du groupe automobile qui, par l’intermédiaire de Jean-Philippe Imparato, PDG d’Alfa Romeo, a exhorté les hommes politiques à concentrer leur énergie sur la «protection des emplois dans l’industrie automobile».
M. Imparato a également affirmé que le conseiller juridique du groupe avait la ferme conviction que le nom Milano ne violait aucune loi, mais qu’ils avaient décidé de le changer pour éviter un “différend politique”, selon la déclaration de l’administrateur délégué à Autocar.
Une manière de dédramatiser l’affaire, puisque lorsqu’il a découvert l’agitation, il ne pensait qu’au lancement d’une “voiture durable” et “pas à la politique“. Il a toutefois laissé sa “bombe” sur son compte X, en guise de dérision.
Ce qui dérange particulièrement Stellantis, c’est que le nom Milano a été découvert en décembre et que l’on savait déjà à l’époque que la voiture serait produite en Pologne et sur la plateforme e-CMP, comme d’autres modèles du groupe.
Ce qui est curieux dans tout cela, c’est que les plaintes déposées par le ministre italien font suite aux déclarations de Carlos Tavares, PDG de Stellantis, qui a demandé aux gouverneurs italiens de supprimer les subventions à l’achat de voitures chinoises et de toute entreprise qui fabrique en dehors de l’Europe, comme l’a fait la France. Cette demande n’aurait pas été bien accueillie par les dirigeants politiques.
La plupart des voitures seront fabriquées en Italie
Jean-Philippe a également souligné que ces décisions ont été prises alors qu’Alfa Romeo ne réalisait pas les bénéfices escomptés et accumulait les pertes, juste en 2021, année de la fusion qui a donné naissance à Stellantis.
Maintenant qu’ils ont construit une activité rentable, de nouveaux lancements de voitures sont à venir, y compris le Stelvio et la Giulia de nouvelle génération, qui seront produits en Italie. Au total, quatre des cinq véhicules basés sur les plateformes SLTA Medium et SLTA Large seront produits en Italie.
M. Imparato invite donc les responsables politiques à se concentrer sur les “risques” provenant de la Chine, en faisant référence à l’avenir de l’industrie automobile européenne et à la forte concurrence de l’Asie.
Il a rappelé que 12 millions de personnes travaillent dans l’industrie et que «chaque fois qu’un concurrent prend 1 % de part de marché, l’évaluation se traduit par 150.000 voitures». «Je peux changer le nom Milano parce que nous n’avons pas de voiture 100 % italienne, mais je ne peux pas renoncer à 1 % de part de marché, à 150000 ventes ou à une usine», a déclaré le PDG d’Alfa Romeo.
