Malgré les problèmes de Tesla, le constructeur américain continue de dominer en termes de ventes par modèle. Le modèle Y était la voiture la plus vendue au monde l’année dernière, et cette année, bien qu’il commence à montrer des signes d’usure et qu’il ait besoin d’un rafraîchissement, il reste en tête des immatriculations de voitures électriques sur les trois principaux marchés mondiaux : la Chine, l’Europe et les États-Unis.
Le cabinet d’études de marché Strategy& a analysé les chiffres des ventes mondiales de voitures électriques pour le premier trimestre 2024. Les résultats montrent une forte croissance des voitures électriques, en particulier sur les deux plus grands marchés individuels, et avec une forte intensité en Chine. En revanche, sur le deuxième marché le plus important, l’Union européenne, les ventes stagnent.
Comme prévu, la Chine est devenue la force irrésistible des ventes de voitures électriques. Au premier trimestre 2024, plus d’un million de voitures purement électriques ont été vendues dans le géant asiatique. Cela s’explique par le soutien important apporté par le gouvernement aux ventes, mais aussi par une offre qui va des modèles à bas prix aux grandes berlines ou aux SUV haut de gamme.
C’est l’une des principales différences entre les États-Unis, où il ne se vend pratiquement pas de voitures compactes, et l’Europe.
Aux États-Unis, Tesla domine d’une main de fer les immatriculations de voitures électriques, avec le Model Y, 96 729 unités en première place, et le Model 3, 30 842 unités, en deuxième place. La Ford Mustang Mach E occupe la troisième place avec 9 589 unités, tandis que la Rivian R1s est quatrième avec 8 017 unités.
Le premier modèle non américain arrive en septième position, la Hyundai IONIQ 5, avec 6 822 unités, et la Volkswagen ID.4, en huitième position avec 6 167 unités, le premier modèle européen et le seul dans le Top 10.
En Europe, par contre, les chiffres sont un peu moins élevés pour un modèle Y qui conserve néanmoins sa première place avec 21 403 unités. La deuxième place revient à la Peugeot e-208, avec 11 092 unités. Un modèle qui a bénéficié du programme de location sociale en France, où il représente la quasi-totalité de ses ventes. Au total, 10 077 unités ont été immatriculées en France au cours des trois premiers mois de l’année.
En Chine, c’est également le modèle Y qui domine, avec plus de 100 000 unités vendues en un trimestre. Au total, 100 366 unités ont été immatriculées, ce qui lui a permis de dépasser BYD, qui domine les ventes en occupant quatre des dix premières places.
Bien que l’Europe reste le deuxième marché mondial en termes de ventes, l’écart avec la Chine ne cesse de se creuser. C’est là que se situe actuellement la véritable croissance (10 % au niveau mondial au premier trimestre). En Europe, en revanche, les chiffres de vente stagnent, et des marchés comme l’Allemagne sont même en recul.
Les hybrides rechargeables reprennent du poil de la bête
Toutefois, le rapport de Strategy& apporte une surprise, à savoir que les hybrides rechargeables reprennent du poil de la bête en termes de ventes sur tous les marchés.
Les ventes mondiales ont dépassé le million d’unités au premier trimestre. Au cours des trois premiers mois de l’année 2023, elles se sont élevées à 639 000 unités, soit une augmentation impressionnante de 58 % pour ce type de véhicule.
Si l’on additionne tous les véhicules électrifiés, c’est-à-dire les hybrides, les hybrides rechargeables et les voitures électriques à batterie, 1,26 million d’unités ont été vendues sur les principaux marchés européens, y compris le Royaume-Uni, et seuls les PHEV ont progressé (de 10 %). Aux États-Unis, en revanche, le nombre de nouvelles immatriculations de PHEV a augmenté de 70 %.
La technologie s’est encore développée en Chine, où les immatriculations de PHEV ont augmenté de 77 % au cours du premier trimestre. Dans le géant asiatique, un total de 1,96 million de voitures à propulsion électrique, à batterie électrique et hybrides rechargeables, ont été vendues au cours du premier trimestre 2024.
D’autres faits intéressants tirés du rapport montrent l’énorme différence entre certains marchés. En Norvège, la part des voitures électriques était de 90,2 % au premier trimestre 2024, alors qu’elle n’était que de 1,3 % au Japon.
Un marché japonais où seulement 8 494 unités ont été immatriculées au cours des trois premiers mois de l’année, soit moins d’unités que celles vendues en Suisse (10 424 unités). Et dans le pays le plus peuplé du monde (l’Inde, environ 1,43 milliard d’habitants), il s’est vendu moins de voitures électriques (21 901 unités) qu’aux Pays-Bas (32 649 unités pour quelque 18 millions d’habitants).
La conclusion est que la Chine est devenue la principale référence en matière de production et de vente de voitures électriques, et qu’elle profite du ralentissement européen pour positionner ses produits et commencer à étendre ses ventes au-delà de ses frontières.
Elle met également en lumière les bons chiffres d’une Tesla que beaucoup avaient abandonnée à cause d’un mauvais trimestre, ainsi que la résurgence des hybrides rechargeables, qui reprennent du poil de la bête sur tous les marchés.
